Le socialisme des ultra-riches

[CourierIntern] Déjà en juillet, l’idée de sauver les deux géants américains du crédit hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac, faisait jaser à Washington. Le sénateur républicain du Kentucky, Jim Bunning, s’étouffait presque : “Ce matin, quand j’ai lu la nouvelle dans le journal, j’ai cru que je m’étais réveillé en France. Mais non, il s’avérait que le socialisme régnait désormais aux Etats-Unis”… Deux mois plus tard, plus d’échappatoire. Comme personne à Wall Street ne voulait investir un dollar sur ces entreprises plombées par les fameux subprimes, le gouvernement s’est résolu, le 7 septembre, à les placer sous tutelle. Comme naguère en France le Crédit lyonnais. Comme en 2007 la banque britannique Northern Rock.
Chaque fois le même scénario. On appelle cela pudiquement les “excès du capitalisme”, alors qu’il s’agit de l’essence du capitalisme. En bref, les jeux financiers prennent tant d’ampleur qu’ils deviennent un risque pour le système lui-même. Dès lors, les gouvernements et les économistes les plus libéraux retournent leur veste et appellent au secours la puissance publique.
Cette fois, avec la crise de l’immobilier et la menace d’une vraie récession, les choses sont encore plus sérieuses. Fannie Mae et Freddie Mac détenaient ou étaient garants de la moitié des crédits hypothécaires des Etats-Unis, soit quelque 5 400 milliards de dollars. Bien sûr, ils avaient la mauvaise moitié, des crédits pour la plupart “pourris”. Car les bons risques, les établissements financiers les gardaient pour eux. Sur CNBC, le 8 septembre, on a pu entendre à chaud l’analyse de l’investisseur Jim Rogers, qui connaît bien Wall Street : “On va voir les cours boursiers des banques remonter en flèche à l’annonce du sauvetage… C’est pire qu’en Chine, c’est l’Etat-providence pour les riches, le socialisme pour les très riches.” Car, bien entendu, on sauve les banques, le système financier et ses acteurs, mais pas les Américains pauvres, que l’on a poussés à s’endetter et qui se retrouvent avec un crédit hypothécaire qu’ils ne peuvent pas honorer.
On lira dans notre dossier comment s’est créée depuis vingt ans cette classe des ultrariches, nourrie par la mondialisation et son système financier. Et qui doit sourire du sauvetage de Fannie et de Freddie.

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