Crise alimentaire • Le réchauffement climatique accentue la pénurie

Le 3 juin 2008 s’ouvre à Rome un sommet de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture consacré à la crise alimentaire mondiale (FAO). Un rapport de l’instance met en évidence le lien entre la crise actuelle, ses acteurs et le réchauffement climatique

[CourierIntern] Publié à la veille du sommet de la FAO consacré à la crise alimentaire mondiale, qui commence le 3 juin à Rome, le rapport Nutrition, Climate Change and Biodiversity [« Alimentation, changement climatique et biodiversité »] révèle le paradoxe de la pénurie actuelle : « Près de la moitié des 820 millions de personnes qui souffrent de sous-alimentation dans les pays en développement sont des paysans ; 30 % travaillent dans la pêche ou vivent à la campagne et 20 % sont des pauvres vivant dans les villes. Cela veut dire que près de la moitié de la population qui n’a pas suffisamment à manger est constituée de personnes qui, pour vivre, produisent de la nourriture », note La Repubblica.

Selon la FAO, « les deux principaux défis auxquels nous sommes confrontés dans la bataille contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition sont les changements climatiques et l’utilisation croissante des récoltes agricoles comme source d’énergie ». « On ne peut penser continuer à augmenter la production alimentaire en utilisant toujours davantage d’eau et d’énergie car ce sont justement là les facteurs qui limitent la croissance », ajoute La Repubblica : 1,4 milliard de personnes vivent le long des bassins fluviaux qui utilisent déjà plus d’eau que celle qui se renouvelle naturellement.

« Et la population des villes – celle qui consomme le plus de ressources et d’énergies – doublera d’ici à 2050. Dans ces conditions, tenter de tirer davantage d’énergie de l’agriculture alors que celle-ci doit servir à résoudre la crise alimentaire ne sert à rien. Cela dit, la demande de biocarburants n’est pas la principale responsable de l’augmentation des prix des denrées alimentaires, car elle n’y contribue que pour 10-15 % ».

Un mécanisme pervers se met alors en marche, observe la FAO : « Comme la demande de biocarburant demeurera vraisemblablement élevée, et qu’il va falloir aussi soutenir les récoltes à but alimentaire, on finira par utiliser de nouvelles terres pour les cultures. Brûler ainsi des forêts produira du gaz à effet de serre qui va accélérer les changements climatiques. »

Pour la FAO, « une plus grande participation au processus de développement des personnes les plus pauvres et vulnérables, notamment les femmes, peut amener à avoir des programmes alimentaires plus efficaces ». Et l’ouverture des négociations sur la deuxième phase du protocole de Kyoto (qui entrera en vigueur après 2012) offre l’occasion d’insérer le thème de l’agriculture dans l’agenda des engagements contraignants en matière de défense du climat. L’agriculture compte par ailleurs pour 30 % dans l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre (17,4 % pour la déforestation et 13,5 % pour l’agriculture).

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